LES TORTIONNAIRES SE VENGENT

LES TORTIONNAIRES SE VENGENT

16 janvier 2020 Non Par passamontagna

Source- Macerie – https://www.autistici.org/macerie/?p=33739

La vengeance, de ceux qui conduisent la machine à expulser, contre les détenus du CRA de Turin, qui depuis quelques mois maintenant essaient de tout enlever et de tout mettre sans dessus dessous. Le lundi matin, les forces de l’ordre sont entrées dans le Centre pour arrêter cinq personnes accusés d’avoir résisté à un fonctionnaire et d’avoir causé des dégâts ; pendant la descente, ils n’ont pas ménagé leurs coups et leurs matraques contre les détenus qui se sont mis entre leurs pieds : deux d’entre eux ont eu les mains et un les pieds cassés. Ceux qui se trouvaient dans la zone verte, qui avait été récemment détruite, ont ensuite été transférés dans la violette qui a ensuite rouvert après la révolte de fin novembre. Plus d’une douzaine de détenus ont été emmenés et expulsés. Avant de partir, la police a finalement saisi de nombreux téléphones, afin d’empêcher les détenus de communiquer avec des amis et des sympathisants  » à l’extérieur  » et de rendre compte de ce qui se passe à l’intérieur des murs.

Évidemment, l’audio et la vidéo, qui sont sortis ces derniers jours, ont dû être très gênants pour les différentes autorités de la ville et pour Gepsa, qui gère la structure. Une opération similaire a été effectuée par la police dans le CPR de Gradisca où, quelques heures après le défilé, dans la nuit du samedi, les agents sont entrés dans le Centre, battant certains détenus et retirant les cartes sim de ceux qui avaient parlé au téléphone pendant les initiatives. La réaction des détenus ne s’est pas fait attendre et le dimanche après-midi, dans l’aile la plus proche de la rue, les fenêtres ont été brisées et les lits détachés du sol, 8 garçons ont alors réussi à atteindre le mur et à s’enfuir. Trois d’entre eux ont malheureusement été rattrapés au bout de peu de temps mais les autres ont réussi à faire perdre leur trace. A l’intérieur du Centre, la révolte a continué : de nombreux matelas ont été incendiés et les extincteurs ont été vidés dans les chambres, complétant ainsi les dommages aux structures. Les émeutes au CRA ces derniers mois ont causé des dommages considérables. Et ces révoltes sont contagieuses, comme l’enseigne l’histoire de vingt ans de détention administrative en Italie, bien souvent les étincelles allumées dans un Centre ont pu s’attraper même à des centaines de kilomètres de distance. Ceux qui gouvernent le savent bien et ne peuvent pas se permettre de laisser ces structures être à nouveau mises à genoux, tout comme le ministre de l’Intérieur continue de brandir les quatre vents de la prochaine ouverture d’autres CRA. Les dernières arrestations, passages à tabac, expulsions et saisies de téléphone ont clairement pour but d’intimider les détenus et en même temps de rompre les liens avec les partisans « à l’extérieur », afin que rien de ce qui se passe « à l’intérieur » ne puisse filtrer. Aux matraques et aux menottes s’ajoutaient alors les infames articles des journalistes, particulièrement attentifs dans les dernières heures à ce qui se passe à Corso Brunelleschi. En rendant compte de la volonté de la Direction générale de la police d’expulser et de ne libérer aucun des détenus, les journalistes leur collent l’image traditionnelle de monstres, coupables, selon les enqueteurs, de la grande majorité des violences sexuelles et en odeur du terrorisme islamique. Afin de couper toute empathie possible avec ceux qui se rebellent et d’effacer les raisons de ces révoltes. Afin d’affiner ce coup, une grande importance est accordée à l’hypothèse des enquêteurs selon laquelle ces révoltes, à Turin comme à Bari, Caltanissetta et Trapani, auraient une direction extérieure commune. Les diriger ou, pour utiliser leurs mots, les apianier, seraient quelques représentants de la galaxie anarchiste. Encore une fois, rien de nouveau. Le refrain selon lequel certains subversifs professionnels sont les instigateurs et la cause de ces soulèvements a accompagné toute l’histoire des rébellions contre la détention administrative et avant cela l’histoire d’autres conflits sociaux. Quoi de mieux que de faire disparaître les causes des luttes et des rébellions, qui résident dans l’injustice qui gouverne cette société et dans le courage et la détermination de ceux qui décident de ne plus vouloir la subir ? Une hypothèse rassurante pour ceux qui gouvernent. Si c’était le cas, il suffirait d’arrêter ou d’empêcher autrement de nuire à ces minorités éparses d’agitateurs, et la paix sociale serait aussi bien faite. Non pas que cette accusation nous offense, en tant que représentants de ce petit groupe, bien au contraire. Mais la réalité est bien différente de ce que disent les autorités. Et ce qui, plus que tout, ne doit pas être effacé et ne peut rester caché, entre les murs de ces monuments à l’infamie de notre époque, c’est précisément le courage et la détermination avec lesquels de nombreux et nombreuses détenus ont combattu et retrouvé leur liberté au sein du CRA. Un courage qui, oui, pourrait troubler le sommeil des seigneurs s’il devait être un exemple aussi pour les autres. Ecoutez ici l’interview d’un détenu diffusée sur Radio Blackout pendant la transmission « Macerie ».

Macerie su Macerie – 13 gennaio 2020. Dal Cpr di Torino, intorno alla rivolta