Caltanissetta – L’histoire d’un reclus sur le soulèvement et l’incendie du CRA après l’ énième mort d’état

Caltanissetta – L’histoire d’un reclus sur le soulèvement et l’incendie du CRA après l’ énième mort d’état

16 janvier 2020 Non Par passamontagna

Source – Hurriya ( https://hurriya.noblogs.org/post/2020/01/14/caltanissetta-racconto-recluso-rivolta-

Le matin du 12 janvier M.A., une personne de 34 ans d’origine tunisienne, a été retrouvée morte sur son lit dans une cellule du CRA de Pian del Lago à Caltanissetta. Après l’intervention du médecin légiste, qui a certifié le décès et ordonné le transfert du corps à l’hôpital pour effectuer l’autopsie, la colère de ses codétenus s’est déchaînée : la cellule a été complètement brûlée et une manifestation a été organisée pour fermer l’établissement. Les gardiens ont forcé les détenus à dormir dehors dans le froid, ceux – ci ont refusé de manger. Le matin vers 7 heures, la police a emmené une ou deux personnes vers une destination inconnue. Comme l’a dit une personne dans le camp de concentration qui a été connectée hier matin avec Radio Blackout : « Il avait 34 ans, né le 1er février 1986. Hier matin vers 8 heures, ils l’ont averti qu’il était mort dans sa chambre, mais dans cette chambre il n’y avait pas de chauffage, il faisait très froid. Ils ont essayé de le déplacer sur son lit, il y avait du sang sur sa bouche, on ne connait pas la cause du décès, c’est notre colère. Et donc nous avons protesté ici, sa chambre a brûlé, complètement, puis nous avons protesté ici et là. Hier, nous avons dormi dehors, dans ce froid. Hier nous avons tous protesté, au déjeuner nous avons refusé de prendre la nourriture, par colère.

Ce matin, nous nous sommes réveillés fatigués, certains ont dormi dehors, d’autres dans un trou dans une pièce où il n’y a ni porte ni fenêtre, avec cette souffrance. À sept heures, la police est entrée dans l’endroit où nous dormions, et ils ont emmené une ou deux personnes dehors, je ne sais pas où ils les ont emmenées, que ce soit en prison ou pour les expulser. Nous vous demandons de fermer ici, parce que les conditions sont très mauvaises, vous ne pouvez pas mettre des gens normaux dans ces conditions, en dormant comme ça, avec une nourriture qui est dégoûtante. L’infirmerie ici craint, si vous avez un mal de tête ils donnent le même médicament, si vous avez un rhume ils donnent le même médicament. Certains disent qu’ils mettent quelque chose dans la nourriture, nous ne savons rien à ce sujet, mais certains ont soupçonné que, lorsque nous mangeons cette nourriture, certains vont toujours aux toilettes, certains se sentent fatigués et somnolents ». Les autorités se sont immédiatement empressées de minimiser ce qui s’est passé, déclarant qu’il s’agissait d’une  » mort de causes naturelles « , sans avoir aucune preuve, et que  » les flammes, apprivoisées par les pompiers, n’ont causé aucun dommage « , alors qu’au contraire les gens étaient obligés de dormir dehors à cause de la fumée et de l’inaptitude des cellules. Les morts, ou plus précisément les meurtres commis par l’État dans les camps modernes, doivent rester cachés, et seules les voix et les protestations des détenus ont réussi à faire connaître ce qui s’est réellement passé. Cela s’est déjà produit récemment avec la mort de Sahid dans le CRA de Turin en juillet 2019, de Harry en juin de l’année dernière à Brindisi et de Natalia dans la section féminine du CRA de Ponte Galeria en novembre 2018.

Que de ce camps de concentration ne reste que des décombres!