SUR LA JOURNEE EN FRONTIERE

SUR LA JOURNEE EN FRONTIERE

17 janvier 2020 Non Par passamontagna

Dimanche 12 janvier un groupe d’ennemi·e·s des frontières s’est retrouvé à Claviere, dernier village italien avant la frontière française. En se créant un espace entre les nombreux gardes et camions de CRS présents, il s’est placé en travers de la présence militaire dans un village qui veut normalement donner une impression de paysage de carte postale, pour distribuer des flyers et faire des interventions au haut-parleur.
Puis le cortège est parti.


Sur les pistes, il a continué à faire des interventions jusqu’à ce qu’il atteigne le village de Montgenèvre, où la gendarmerie était déployée sur les chemins en défense des télésièges.
Au final, il a pris la route et est retourné en Italie, dérangeant pour une fois la fausse tranquillité de ces zones.
On a voulu ainsi souligner la complicité des municipalités de Claviere et Montgenèvre dans la dynamique meurtrière de la frontière, ainsi que la collaboration de certaines entreprises (comme Resalp, le réseau de bus qui lie Oulx à Briançon) et les entreprises touristiques dans la chasse à l’homme quotidienne dans ces montagnes.
Les mêmes sentiers utilisés par les skieureuses de la Via Lattea en hiver,et par les les golfeureuses d’été sont en fait utilisés par celleux qui n’ont pas les « bons » morceaux de papier pour traverser cette frontière en toute sécurité.

Les mots d’ordre des gardes ainsi que des entreprises touristiques qui spéculent sur ces territoires de montagne sont d’invisibiliser et de réprimer tout ce qui perturbe l’imaginaire paradisiaque de ces villes, allant jusqu’à mener une chasse à l’homme constante.

Voici les textes distribués

Contre toutes les frontières !

Ici un enregistrement de Radio Onda d’Urto –

ICI un de flyers distribuée
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CONTRE LES FRONTIERES ET QUI LES SOUTIENNENT

La neige est finalement arrivée, et avec elle le lancement de la saison de ski de la station du Montgenèvre.

Ces pistes ne sont pas qu’un terrain de jeu, elles sont aussi une
frontière. Pas de celles qui se matérialisent à grand coups de fil barbelés et de checkpoint visibles et identifiables de toustes, mais de celles que l’on peut qualifier de modernes, diffuses, invisibles pour quelques uns.

Il s’agit d’une frontière de classe, qui sépare celleux qui traversent ces pistes pour atteindre un endroit où illes espèrent pouvoir survivre un peu mieux, contraintEs par le chantage du capitalisme qui marchandifie la vie,et celleux qui peuvent en revanche se permettre de dépenser leur salaire confortable d’occidentaux en activité récréatives.

Le tourisme est l’un des marché prioritaires, pour le capitalisme
contemporain, et pour ces montagnes.
Ces dernières années, l’aspect de marchandisation a du se fondre avec celui du « tourisme durable » : il s’agit en effet de ne pas complètement dévaster les paysages de carte-postale, pour pouvoir continuer à les exploiter le plus longtemps possible. Les parties prenantes de cette industrie, aussi bien dans le Briançonnais que dans la Val di Susa en viennent à se demander ces temps-ci, comment vont-il faire pour continuer leur petit bonhomme de business : entre contamination de l’eau et des sols, et températures toujours plus élevées, les prévisions, au moins en ce qui concerne le tourisme hivernal dans les Alpes, ne sont pas au beau fixe : « le tourisme tue ce qui le fait vivre ».

Les préoccupations en matière de sauvegarde du paysage ne se limitent
cependant pas à la question de l’environnement. Ces dernières années, nous avons été témoins de la façon dont les garants du tourismes local ont légitimé un système de contrôle diffus des personnes n’ayant pas « les bons papiers », en soutenant, de façon raciste, que leur présence serait source de perte économique. Autant dire qu’ils préféreraient que l’on fasse en sorte que le personnage du noir-avec-un-sac-à-dos ne fasse pas partie du paysage.

Invisibiliser, se taire et réprimer sont donc les mots d’ordres autours desquels les flics de la PAF et les acteurs du tourisme local se retrouvent.
La gestion « diffuse » de la frontière inclue : un contrôle continu de l’entrée des pistes de fond, le développement d’un parc de caméras de vidéo-surveillance, jusqu’à la délation ciblée de la part de certainEs habitantEs, travailleureuse de la station et chauffeurs des bus Resalp.

La dernière trouvaille de la Police aux Frontière est la publication d’un concours dans lequel ils invitent les civils, de préférence jeunes et musclés, à les assister dans leur mission « de patrouille, contrôle et interpellation »…Un énième clin d’oeil de la police aux fascistes locaux.

Nous sommes ici pour manifester notre dégoût envers celleux qui collaborent à ce système, mais aussi vers celleux qui traversent sans le savoir ces étendues ensanglantées, et celleux qui s’indignent mais ne font rien.

Brisons l’indifférence des ces pistes.
Pour un monde sans frontières ni autoritarismes.