27 Janvier – 2 Février: semaine de actions et de mobilitations contre le CRA

27 Janvier – 2 Février: semaine de actions et de mobilitations contre le CRA

27 janvier 2020 Non Par passamontagna

On partage l’appel fait par le copai.e.s de l’assemblée contre le CRA et les frontières FGV. https://nofrontierefvg.noblogs.org/…/27gennaio-2febbraio-s…/…/27January-February-S…/

NOUS INVITONS TOUT LE MONDE À RÉPONDRE À CET APPEL ET À NOUS AIDER À FAIRE PASSER LE MESSAGE.
Faisons en sorte que ces lieux infernaux ferment.

[…] Encouragés par la réponse de solidarité reçue de toute l’Italie, nous lançons un appel pour une semaine d’actions et de mobilisations pour la fermeture de toutes les CPR, pour la libération immédiate des personnes enfermées et pour le Vakhtang. […]

27 JANVIER-2 FÉVRIER : SEMAINE D’ACTIONS ET DE MOBILISATIONS POUR LA FERMETURE DE TOUS LES CRA, POUR LA LIBÉRATION IMMÉDIATE DE TOUT.E.S LES DÉTENU.E.S ET POUR VAKHTANG.

Vakhtang a été battu à mort par la police au sein du CRA de Gradisca.

Les détenus nous en ont parlé, la même nuit du 18 janvier, lorsque nous sommes allés sous les murs du CPR pour leur parler, ayant appris la mort d’une personne.

Ils nous l’ont crié, nous ont appelés et nous ont envoyé des vidéos, avec le courage de ceux qui savaient que personne d’autre qu’eux ne pourrait savoir ce qui s’était réellement passé là-bas.

La préfecture de police et le ministère public ont tout fait, dès le début, pour liquider sa mort : « migrant mort dans une bagarre » titrait les journaux le lendemain de la publication des premières nouvelles sur Melting Pot (site d’info).

Nous avons réussi à faire circuler ces informations, comme d’autres solidaires le font depuis des années, et de toute l’Italie, beaucoup de gens ont écouté les témoignages et les ont crus. Le lendemain, dimanche 19, beaucoup d’entre nous sont revenus devant le CRA, tandis que les prisonniers nous appelaient, fuyant les coups qui – nous disaient-ils – étaient réservés à ceux qui parlaient avec ceux qui étaient dehors. Les directives semblaient claires : plus personne ne devait pouvoir communiquer avec l’extérieur. La nuit, ils ont tenté de saisir tous les téléphones portables, une « récupération » que le ministère public a justifiée « aux fins de l’enquête ». La même nuit, étonnamment, un député et un avocat sont venus visiter le CRA, trouvant les agents des forces de l’ordre en tenue antiémeute en train de parler du sang présent dans l’établissement.

La presse a commencé à rapporter la version des camarades de Vakhtang : pour un jour, il est apparu que quelqu’un a dit qu’il avait été battu à mort, un « Cucchi » étranger et non en prison. Le procureur a rapidement déclaré que c’était « toutes les rumeurs » et le 21 à 4 heures du matin, les trois compagnons de cellule de Vakhtang, qui faisaient partie de ceux qui s’étaient déclarés prêts à témoigner, ont été déportés en Égypte, sans que personne ne le sache. C’est ainsi que le « ministère public enquête », comme nous le disent les journaux.

Lorsque la vérité de ceux qui avaient été témoins a commencé à filtrer, la presse a commencé à étiqueter l’assemblée qui répand les rumeurs des détenus comme un groupe d’ultras et d’incitateurs aux émeutes – comme si les émeutes avaient besoin d’une incitation extérieure -, essayant de la délégitimer. Dans le même temps, de multiples tentatives ont été faites pour saper la crédibilité des détenus. Vakhtang a été décrit comme violent, toxique et autodestructeur, espérant peut-être que l’empathie pour sa mort serait ainsi épuisée. Les détenus en général ont été décrits comme des violeurs, des trafiquants de drogue, des criminels.

Vakhtang était une personne, vivante, avec ses propres rêves, enfermée dans un cercle d’enfer créé par des lois racistes. Dans toute la RPC italienne, les détenus sont des personnes, enfermées dans des camps exclusivement pour ne pas avoir les documents en règle.

Dans les CRA en Italie, il y a quelques centaines de personnes et l’emprisonnement ne se termine pas toujours par une expulsion, souvent les personnes sont libérées avec un « journal de rue » qui les oblige à vivre dans la clandestinité.

Les personnes déportées, au contraire, se retrouvent forcées de retourner dans leur pays d’origine sans possibilité de revenir en Italie, où elles ont de la vie et de l’affection, ramenées au point de départ d’un terrifiant voyage déjà affronté. La menace d’expulsion est la plus grande qu’une personne non européenne puisse recevoir : le CRA, théâtre d’abus et pire que les prisons, sert à rendre cette menace réelle. Tout cela est utile pour que les gens doivent accepter des conditions de travail inhumaines, afin de maintenir un contrat, lié à un permis de séjour.

Il nous appartient maintenant de ne pas laisser le meurtre de Vakhtang passer inaperçu et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que toutes les CPR soient définitivement fermées.

Encouragés par la réponse de solidarité reçue de toute l’Italie, nous lançons un appel à une semaine d’action et de mobilisation pour la fermeture de toutes les CRA, pour la libération immédiate des personnes enfermées et pour Vakhtang.

Nous invitons donc tous les individus, assemblées, groupes, associations, organisations, comités à faire tout leur possible pour atteindre le même objectif. Convaincus que chacun peut exprimer sa colère et sa dissidence comme il l’entend, nous pensons que le moment est venu de le faire.

Que celui qui s’organise dans son lieu de résidence. Faisons en sorte que ces lieux infernaux ferment.

-si vous voulez nous envoyer les initiatives ou les actions pour les récapituler à l’avenir, vous pouvez écrire à : nocprnofrontieretrieste@riseup.net –

FEU AUX CRA