DU MICROSCOPE AUX CAMÉRAS

DU MICROSCOPE AUX CAMÉRAS

19 mai 2020 Non Par passamontagna

Ce texte a été rédigé à la mi-mars. Ces dernières semaines, il y a eu de nombreux développements d’un point de vue technologique et de nombreux changements d’un point de vue répressif. Nous le reprenons pour tenter de donner matière à réflexion et à recherche sur l’évolution du contrôle social dans un contexte de pandémie, opéré par les Etats grâce à l’industrie de la surveillance.

nous recevons et publions
22/03/2020

DU MICROSCOPE AUX CAMÉRAS :

Lentille sur le laboratoire répressif en place

Depuis des semaines, les nouvelles qui déclenchent la panique d’une épidémie mortelle, l’effondrement de l’économie et des soins de santé qui ne tiennent pas la route et les images dans les journaux de places vides, de masques et de postes de contrôle se répandent, augmentant la tension et la peur d’un ennemi inconnu. Dans ce climat d’urgence, il y a une volonté spontanée d’essayer d’apporter des éléments de réflexion sur le niveau de contrôle mis en place, et, à partir de la réalité actuelle, d’essayer de mettre en lumière les possibilités que le système capitaliste néolibéral pourrait exploiter pour se renforcer, au moment où ses contradictions apparaissent plus fortes que jamais.

Nous pensons qu’il est important de partager des réflexions, des analyses et des recherches en ce moment historique, pour essayer de comprendre comment bouger.

Le contexte appelé « pandémie » ouvre devant nous des scénarios complètement nouveaux : d’une coté, le système étatique et l’économie capitaliste s’avèrent avoir un cadre plus fragile qu’il n’y paraît ; d’autre part, un tel contexte peut conduire à une plus grande légitimité de la législation spéciale et de la répression, et les restrictions imposées peuvent conduire à un effritement des relations humaines, et favoriser l’isolement en rendant la présence dans les rues encore plus difficile.

L’intention de ce texte n’est pas de se concentrer sur la question purement sanitaire, mais plutôt de réfléchir aux dynamiques du « confinement », qui se traduit en fait dans des mesures de contrôle, plus denses et plus étendues, encore plus évoluées et aux conséquences qu’elles pourraient avoir.

LA MACHINE DE CONTRÔLE ÉVOLUE : COMMENT L’ÉPIDÉMIE DEVIENT UNE POSSIBILITÉ DE CROISSANCE POUR L’INDUSTRIE DE LA SURVEILLANCE

Tout d’abord, il est intéressant d’essayer d’observer ce qui s’est passé et continue de se passer dans d’autres pays pour ce qui concerne le contrôle mis en place lors de l’urgence coronavirus, qui prend de plus en plus la forme d’une surveillance technologique, et qui profite de la situation actuelle.

Sur certains sites de contre-information (voir lundi.am et hurriya.noblogs), on trouve des témoignages intéressants sur le contexte répressif en Chine, où le gouvernement lance maintenant une campagne de propagande pour regagner de la crédibilité après que les premières mesures, malgré la censure, aient été largement critiquées sur Internet. Derrière l’image d’un État fort qui a su contenir l’épidémie, citée et reprise aussi par les politiques italiens, il y a les décès d’infirmières qui n’avaient pas les moyens de se protéger de la contagion, il y a les suicides de personnes qui, par peur d’infecter leurs proches, conscientes qu’à l’hôpital les remèdes ne suffiraient pas à tout le monde, se sont suicidées. La peur est cachée dans les rues, où la police menace avec des armes ceux qui ne portent pas le masque. Le pays a caché la nouvelle de la propagation du coronavirus, que le docteur Lin Wenliang avait déjà tenté de propager fin décembre. Le médecin est mort. De coronavirus, bien sûr.

Pour soutenir les Etats dans le domaine du contrôle face aux « nouvelles catasphes », apparaît l’industrie de la surveillance.

C’est précisément en Chine, un pays leader dans l’expérimentation des nouvelles technologies, où se sont développées ces dernières années des formes de contrôle social basées sur la reconnaissance faciale, fonctionnelles pour établir le profil moral d’une personne et vérifier sa « fiabilité » en tant que citoyen,
l’industrie de la surveillance et l’intelligence artificielle appliquée au « confinement des virus » ont trouvé un terrain fertile.

Parmi les méthodes les plus utilisées pour contenir l’épidémie, il y a la surveillance des gps des téléphones portables parmi les contacts des personnes infectées, mais pas seulement ; à chaque triage mis en place, les médecins sont tenus de consulter les smartphones de ceux qui vont même jusqu’à faire mesurer leur température pour vérifier leurs derniers mouvements. En plus des camions et des blindés de police, des drones et des robots ont été utilisés pour contrôler les interactions sociales et les limiter, pour vérifier que les règles étaient respectées. Des robots ont également été utilisés (en plus d’un important déploiement policier) pour patrouiller les rues.

La surveillance des téléphones portables (non pas de manière anonyme, mais en remontant jusqu’à leur propriétaire) a également été largement utilisée en Corée du Sud et à Taïwan. Les déplacements, les contacts et l’état de santé des patients sont entre les mains de la police. Une application attribue aux personnes la couleur verte, jaune ou rouge, selon qu’elles sont autorisées à entrer dans les espaces publics ou qu’elles doivent entrer en quarantaine à leur domicile.

En Corée du Sud, en outre, les pharmacies, dont les dossiers ont été consultés par les flics, ainsi que les mouvements des cartes de crédit, ont été soigneusement surveillés.

La technique de contrôle de la population au moyen de données de grande taille pour le confinement du coronavirus a également été mise en œuvre par Israël. Un article intéressant de Wu-ming rapporte que sur le site de l’expo (iHLS InnoTech Expo) sur la surveillance et l’intelligence artificielle qui se tiendra à Tel-Aviv en novembre 2020, on peut lire : « Dans un geste sans précédent, une surveillance cellulaire des patients potentiels atteints de coronavirus sera mise en place en Israël pour s’assurer qu’ils ne rompent pas les conditions de quarantaine et pour savoir avec qui ils ont été en contact. Pour la première fois, Israël appliquera un suivi cellulaire étendu des citoyens en dehors du contexte d’une enquête terroriste. Cette décision reflète les mesures prises par Taïwan, qui a réussi à faire face à la propagation du virus ». En outre, les organisateurs de l’expo profitent de l’occasion pour inviter chaleureusement tous les organismes intéressés à participer afin d’approfondir leurs connaissances de l’intelligence artificielle pour lutter contre les « scénarios désastreux »…

Le 18 mars, les premiers articles sont parus dans les journaux italiens sur l’utilisation des données GPS pour vérifier dans quelle mesure les mesures imposées sur la circulation sont respectées. Le 17 mars, la région de Lombardie a déclaré qu’elle avait surveillé le mouvement des téléphones portables de cellule en cellule, puis enregistré le nombre de téléphones connectés à une antenne particulière « sans que l’on puisse remonter jusqu’aux propriétaires », mais que si nécessaire, le modèle sud-coréen sera appliqué, en « assurant évidemment le traitement des données exclusivement à des fins médicales »…
(https://www.corriere.it/tecnologia/20_marzo_18/coronavirus-controlli-celle-telefoniche-tracciamento-privacy-223ea2c8-6920-11ea-913c-55c2df06d574.shtml)

Toujours pour surveiller la destination des personnes, huit opérateurs téléphoniques (dont Telecom et Vodafone) ont signé un accord avec la Commission européenne le 23 mars pour partager les données de localisation des utilisateurs. Pour se défendre contre les accusations de violation de la vie privée, le Parlement européen a déclaré que « les données seront rendues anonymes avant leur transmission et seront effacées une fois l’urgence passée »…
https://www.punto-informatico.it/covid-19-operatori-tracciano-movimenti/

Le 23 mars également, un article a été publié dans Repubblica annonçant que la police de certaines municipalités a utilisé des drones pour contrôler les mouvements et que maintenant Enac (Autorité nationale de l’aviation civile), a accordé l’autorisation aux quartiers généraux de la police locale jusqu’au 3 avril pour l’utilisation de drones dans ce sens. (https://www.repubblica.it/cronaca/2020/03/23/news/coronavirus_l_enac_da_il_via_libera_all_uso_dei_droni_per_i_controlli-252086528/)

Mais l’industrie de la surveillance ne se limite pas aux drones et aux grosses données : elle s’enrichit aussi de caméras intelligentes, de machines biométriques à utiliser dans les points de contrôle et de thermoscans qui ont également été installés dans les aéroports et les gares italiens.

En bref, quoi de mieux qu’une urgence sanitaire, le prétexte parfait qui légitime la mise en place d’un contrôle accru, peut créer de grandes opportunités pour les nouveaux propriétaires de voir le montant de leur capital augmenter, précisément au moment où l’industrie de l’intelligence artificielle fait de grands progrès ? De plus en plus, le secteur de la surveillance évolue et deviendra fonctionnel pour la répression ; il est déjà un allié précieux des gouvernements, par exemple dans le domaine du contrôle des frontières, où les mécanismes de collecte de données biométriques seront de plus en plus répandus pour l’enregistrement de la population.

Ainsi, si d’une coté le contexte créé par le Coronavirus met en évidence la crise du système capitaliste, au meme temps il offre de nouveaux indices et possibilités pour celui-ci de se reconfigurer et de se repenser.
Nous rencontrerons de plus en plus de routes où la technologie sera prédominante.

Sur l’ÉTAT D’URGENCE et la nécessité du sécuritarisme

Le 31 janvier, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence pour des raisons de santé pendant six mois. Le pouvoir central gagne encore en force ; certaines fonctions auparavant gérées par les autorités locales peuvent désormais être gérées directement par le gouvernement central.
L’État déploie maintenant plus de force militaire au nom de la nécessité de contenir la contagion.
Bien que jusqu’à présent, certains aient décidé de sortir à pied, de marcher, de courir, de faire du sport, la présence de l’État dans les rues devient chaque jour plus impressionnante, et de nouvelles ordonnances ont été publiées pour limiter les activités de plein air.

Les émeutes qui ont éclaté dans les prisons de manière généralisée et simultanée ont fait pâlir les rangs du pouvoir, qui se prépare à calmer la colère sociale. L’État a déjà annoncé qu’il mettait en route des plans pour mettre fin aux troubles qui pourraient être créés à la suite de la catastrophe économique à laquelle cette crise sanitaire conduit et qu' »il est nécessaire de se préparer à temps et de commencer à réfléchir à des plans d’action pour la police et, si nécessaire, l’armée ».
Les régions ont réclamé l’intervention de l’armée pour faire appliquer les mesures, maintenant l’armée patrouille dans les rues, avec la police et les carabiniers. L’image de ces derniers jours est un scénario de guerre.

L’état d’urgence n’est pas une proclamation de l’État, c’est une condition à laquelle le pouvoir est soumis. Ce qui se passe n’est que l’aggravation d’une condition qui est l’essence même de l’État, une condition dont il a besoin pour justifier son existence, sa force, sa propagande insidieuse de haine. Mais elle devient une occasion de reconfigurer son pouvoir face à cette partie des citoyens qui y garde espoir ; les exploités et les exploitées, ceux qui n’ont pas les moyens de se faire soigner, ou d’avoir accès à des soins privés, étant donné que la santé publique est en ruine, pourraient rester cette partie oubliée de la population, ceux qui mourront les premiers face aux nouvelles épidémies qui pourraient également se produire dans le futur et qui, étant donné les catastrophes écologiques dont le capitalisme est responsable, se produiront probablement de plus en plus souvent.

La peur est une arme entre les mains des Etats et des gouvernements, le pouvoir a toujours été alimenté par la panique collective, que ce soit envers « l’immigré » ou dans ce cas la maladie. Quoi de plus que la peur de la mort peut être exploitée par le pouvoir ?
Il ne s’agit pas de nier l’épidémie, ni de pointer du doigt ceux qui choisissent de ne pas sortir par peur d’infecter leur voisin ; il s’agit plutôt de s’interroger si les mesures adoptes sont vraiments efficaces ou s’il sont seulement la solution la plus rapide (et la plus fonctionnelle) pour l’État qui s’est retrouvé dans un chaos qu’il tente maintenant de surmonter. Il est clair que la survie de l’État est plus importante pour lui que celle du peuple. Et essayer de donner une impulsion pour réfléchir* sur les méthodes qui peuvent être fonctionnelles pour éviter la contagion, en autogestion, sans se laisser entraîner dans la paranoïa. Le danger est que tous les espaces de confrontation, même sur les méthodes pour éviter l’infection, soient niés, car la vérité est entre les mains de l’État, qui répand l’idée qu’il n’y a pas d’autre solution que la répression.

Les plaintes concernant le non-respect des nouvelles dispositions ont atteint des chiffres stratosphériques ;
Elles ont été remplacées par des amendes pouvant atteindre 3 000 euros, et elles restent administratives. La justice n’aurait pas pu faire face au grand nombre de procès, mais il y a toujours de la place pour le caissier. Ces mesures ont frappé les sans-abri et ceux qui n’ont pas la possibilité de rentrer chez eux, parce qu’ils n’ont pas de maison.
En écoutant une émission en direct sur Radio Blackout, par exemple, quelqu’un* a expliqué que pour les sans-abri de Turin, les plaintes sont nombreuses et que les mesures ont notamment touché les personnes se trouvant dans un état « altéré ».
Dans les journaux, par exemple, les journalistes parlent du fait que les mesuseres sont plus respecteés dans le centre ville, alors que dans les banlieues, les groupes sont plus problématiques. Bien sûr, dans les banlieues où tout le monde n’a peut-être pas la possibilité de s’enfermer dans un appartement. Où il est plus possible que les personnes qui vivent de gadgets et qui, pour survivre, vivent et travaillent dans la rue, ne puissent pas se passer d’y rester. Et même le contexte de l’épidémie est annoncé comme une opportunité de guerre contre les pauvres.
Les accusations pénales ne seront peut-être jamais suivies d’effet, sauf si l’on choisit de les exploiter de manière ponctuelle, afin de poursuivre l’action publique, ou de les ajouter comme charge judiciaire, pour ceux qui ont déjà un casier judiciaire, ou ceux qui luttent contre ce système.

L’État italien, qui doit maintenant maintenir sa force et sa crédibilité, après avoir montré ses failles dans la gestion du service de santé, met maintenant en place un régime de contrôle plus strict, car sinon il est incapable de contenir une épidémie. Avec la menace de la pandémie, les États ont maintenant obtenu le consentement de toute une population face aux mesures de restriction de la liberté, et lorsque cela prendra fin, la légitimité du contrôle aura une base pour exister.

Les mesures spéciales prises dans le cadre de l’urgence prendront-elles fin une fois l’épidémie contenue ? Ou bien l’État va-t-il profiter de la panique générale pour se permettre de continuer à prendre des mesures de plus en plus restrictives face à toute menace pour la sécurité nationale ?

Une situation très similaire à celle créée en France en 2015, où, cependant, l’agitation sociale s’est poursuivie dans le temps, lorsque l’état d’urgence a été proclamé à la suite des attaques de Charlie Hebdo et du Bataclan, pourrait prendre forme ; l’état d’urgence dure toujours, et en effet, avec la nouvelle loi de sécurité de 2017, il est devenu « partie intégrante de l’État de droit », les frontières sont le terrain de chasse des flics et des soldats à la recherche de ceux qui n’ont pas de documents « valables », les gares et les routes sont hyper-contrôlées, les gardes toujours à la recherche de l’étranger terroriste potentiel. … face à cette épidémie et aux épidémies futures, peut-être que la chasse sera destinée aux présumés contagieux et peut-être que l’interdiction de rassemblement, qui se traduit immédiatement par l’interdiction de manifester, sera maintenue afin de mettre en évidence l’amincissement de nouvelles épidémies, facilitant encore plus la répression par le gouvernement de ceux qui tentent de rester dans la rue, modalité qui, par ailleurs, ces dernières années, se consolide de plus en plus, coronavirus mis à part.

(https://lundi.am/L-art-de-la-repression).

Comme d’habitude, les premiers à payer le prix de la situation dans laquelle nous nous trouvons sont ceux que la société rejette. Les premiers à payer les conséquences de la gestion de l’épidémie sont les détenu/es*, la viande destinée à l’abattage.
La colère contre les mesures prises a déjà explosé dans de nombreuses prisons, où les gens restent entassés dans des cellules sans aucune prévention de la contagion, où les flics et le personnel se promènent et entrent sans masque, tandis que la promenade et les parloirs ont été interdits.
Une situation similaire est également vécue par les personnes rassemblées dans les centres de détention.
Il n’y a pas beaucoup de nouvelles des prisonniers dans les CRA italiens, dans certains centres la communication avec l’extérieur a été interrompue, mais on peut bien imaginer les conditions auxquelles ils sont soumis, entassés dans des cellules avec très peu de prévention et sans même la possibilité de téléphoner à l’extérieur, comme cela se passe à Turin. À Rome, nous apprenons qu’aucun membre d’une association n’entre dans le centre, ni aucun avocat, et que certains détenus se sont enfermés dans leur chambre par crainte d’être infectés, tandis qu’un autre a été conduit à l’hôpital après avoir avalé de l’eau de Javel.
Une grève de la faim est en cours au CRA du Palazzo San Gervasio, où les détenus disent qu’aucune protection contre le coronavirus n’est adoptée par les gardiens, où il n’y a pas de chauffage et où rien n’est aseptisé.
Nous entendons les mêmes nouvelles de France ; dans de nombreux CRA, même le personnel de nettoyage ne vient plus et les conditions d’hygiène se sont encore détériorées pendant l’épidémie. Dans de nombreuses centres, des émeutes ont déjà eu lieu et des grèves de la faim sont en cours.
(https://hurriya.noblogs.org/post/2020/03/20/la-situazione-in-diversi-cra-in-francia-allepoca-del-coronavirus/)
Des lieux d’emprisonnement jaillit une lueur d’espoir. Les émeutes qui ont eu lieu montrent une rage qui n’est pas seulement liée à la situation des coronavirus, mais aussi aux conditions merdiques dans lesquelles les prisonniers se retrouvent chaque jour. Les émeutes témoignent d’une soif de liberté imparable, elles montrent la colère que suscite la gestion de cette épidémie, qui voit manifestement ces derniers comme les premières victimes sacrificielles.

LA CRISE COMME UNE POSSIBILITÉ D’ACTION

Dans ce scénario presque apocalyptique mais terriblement réel, qui semble changer de jour en jour, les lueurs de dissidence devraient être capturées et nourries.
Cette épidémie laissera une très forte crise économique et de nombreuses personnes se retrouveront dans un état critique. Et peut-être, qui sait, la colère qui s’est manifestée à l’intérieur des cages pour un système qui nous exploite et nous tue, un système qui est la véritable responsabilité des catasphages, parviendra-t-elle à sortir de ces murs et à réchauffer l’air. Peut-être les mauvaises conditions dans lesquelles se trouvera tant*, qui sait si elles peuvent conduire à une prise de conscience plus générale du fait que le problème n’est pas d’améliorer ce système mais que ce système ne doit plus exister.
Probablement que la plupart des gens ne voient pas et ne veulent pas voir les contradictions dans lesquelles nous vivons qui émergent maintenant plus fortes que jamais, en effet, comme mentionné ci-dessus, ils sont trompés par l’action de l’État qui se pose comme seul dieu sauveur, maître de la compétence et de la fiabilité.
Dans la mesure où* nous nous sommes retrouvés sans préparation* face à ce phénomène complexe, il n’est pas du tout facile d’éclairer les chemins auxquels nous sommes confrontés et de comprendre quelle est la voie la plus appropriée à suivre, ni quelle est la manière la plus correcte de se comporter dans la spécificité de cette situation et c’est pourquoi nous pensons qu’il est utile de profiter de ce moment pour réfléchir et essayer de comprendre comment poursuivre les luttes, de réfléchir aux lacunes du passé qui nous empêchent aujourd’hui de réagir rapidement à ce qui se présente à nous et de sortir de cette impasse, comme l’a été le manque de réflexion sur la question des soins de santé, sur les méthodes alternatives que nous pouvons mettre en place pour déléguer pleinement notre vie au système de santé et à l’industrie pharmaceutique.

Nous devons d’abord réfléchir à la manière de faire face à cette situation sans confier notre vie et notre santé à un système qui tente de se sauver lui meme et de nous préparer à ce que cette épidémie va nous laisser, à la manière de faire face aux nouveaux contextes répressifs, à la manière d’agir, dans un scénario annoncé comme hostile et de plus en plus régi par la technologie.