Mise à jour du CRA de Turin. UN AUTRE MORT DANS LE CRA DE TURIN. UN AUTRE ASSASSINAT DE L’ETAT

Mise à jour du CRA de Turin. UN AUTRE MORT DANS LE CRA DE TURIN. UN AUTRE ASSASSINAT DE L’ETAT

24 mai 2021 Non Par passamontagna

Nous avons entendu la voix de certains détenus qui ont courageusement voulu nous dire ce qui se passe à l’intérieur du CRA de Turin.
Le garçon qui est mort dans la nuit de samedi à dimanche s’appelait Musa Balde, il avait 23 ans et était originaire de Guinée. Le 9 mai, il a été attaqué à coups de bâton par trois Italiens à Vintimille, une ville frontalière de la France. Après avoir été battu, il a été transporté à l’hôpital de Bordighera (Imperia) et est sorti de l’hôpital avec un pronostic de 10 jours pour des blessures graves et un traumatisme facial. En raison de la plainte déposée à la préfecture de police, il est apparu qu’il séjournait de manière irrégulière sur le territoire national, et il a été conduit au CRA de Corso Brunelleschi à Turin, où il a été immédiatement enfermé dans la zone rouge avec d’autres détenus, puis, dans la soirée de samedi, il a été conduit dans la section « Ospedaletto ». Selon le témoignage d’un garçon, bien qu’il ait montré des signes évidents de souffrance causés par des blessures au corps, Musa Balde n’a jamais reçu la visite d’un médecin ou du personnel médical du CPR. Il nous a dit qu’après son transfert à l’isolement, qui a eu lieu sans raison claire, il l’a entendu crier et demander l’intervention d’un médecin sans jamais recevoir de réponse. Le dimanche matin, la version du suicide s’est rapidement répandue dans tous les secteurs du centre, provoquant de nombreuses protestations parmi les détenus, car aucun d’entre eux ne croyait possible que Musa Balde se soit suicidé, rejetant la responsabilité de ce qui s’est passé sur la police et le personnel médical du CRA. Ce qui s’est réellement passé pendant la nuit n’est pas connu avec certitude et ne le sera probablement jamais, car il n’y avait pas d’autres camarades dans la cellule avec lui. Et même s’il y en avait, ils auraient été rapidement rapatriés pour éliminer les témoins gênants, comme cela s’est déjà produit après la mort de Faisal en 2019, toujours dans le CRA de Turin, dans la même section d’isolement où se trouvait Musa Balde, et en 2020 après la mort de Vakhtang, dans le CRA de Gradisca di Isonzo. Une chose, cependant, est certaine. C’est qu’un autre garçon est entré dans un Centre de Permanence de Rapatriement avec ses jambes et en est ressorti dans un cercueil. Tués par l’État qui a conçu et continue de justifier ces lieux infâmes.

Les jeunes emprisonnés dans les zones verte et bleue ont entamé une grève de la faim, refusant la nourriture avariée qu’on leur donne pour protester contre la mort de leur camarade et les conditions dans lesquelles ils sont contraints.
Hier soir, un groupe de solidair.e.s s’est retrouvé sous les murs du CRA du Corso Brunelleschi pour crier sa colère et soutenir ceux qui se battent courageusement pour détruire leur cage.
Pendant la nuit, les protestations des détenus ont pris forme avec plusieurs incendies qui ont endommagé une partie de la zone verte et de la zone blanche.
Des mises à jour suivront.