SUR L’EXPULSION DE LA CASA CANTONIERA DE CLAVIERE

SUR L’EXPULSION DE LA CASA CANTONIERA DE CLAVIERE

7 octobre 2021 Non Par passamontagna

Hier, la Casa Cantoniera de Claviere, le refuge autogéré occupé depuis samedi dernier, a été expulsée.
À l’aube, les agents de la DIGOS ont attendu que les barricades derrière la porte principale soient ouvertes, pour l’enfoncer et pénétrer dans la maison. Les camions d’intervention sont arrivés vers sept heures, une demi-heure plus tard, tandis que les 19 personnes à l’intérieur étaient identifiées et inculpés pour occupation.
Les miliciens de la DIGOS n’ont pas ménagé leurs provocations et leur comportement méprisant, poussant et menaçant les camarades venus en solidarité.
Le théâtre humanitaire s’est répété une fois de plus : un véhicule de la Croix-Rouge et quelques volontaires se sont précipités sur le site en même temps que les camions et ont observé les opérations d’expulsion pendant toute la matinée. Les pompiers étaient également présents et sont rentrés dans la maison. Alors que l’évacuation n’était pas encore terminée, quatre véhicules de l’ANAS sont arrivés et ont immédiatement commencé à enlever les fenêtres de la maison. Nous avons appris que le bâtiment, officiellement abandonné depuis 2012, était en fait utilisé confortablement comme maison de vacances par les responsables de l’ANAS jusqu’à la pandémie.
Il n’y avait pas de personnes sans documents dans le refuge : les nombreux groupes et familles qui y étaient passés et y vivaient étaient partis pendant la nuit vers les chemins frontaliers.
Une autre expulsion éclair, la troisième au cours des sept derniers mois à cette frontière. Ils veulent étouffer dans l’œuf tout exemple d’autogestion et d’organisation collective. Ils veulent cacher et contrôler celleux qu’ils définissent comme « illégaux », ils ne tolèrent pas l’existence d’espaces libérés dans lesquels personne n’est un.e invité.e, mais où chacun.e peut s’autodéterminer et choisir comment aborder son voyage. À Claviere, un village semi-désertique la majeure partie de l’année et où la seule chose qui compte est le tourisme qui remplit les poches de quelques-uns, tout cela est attaqué.
La répression s’accentue et le contrôle s’intensifie sur cette frontière qui a déjà tué cinq personnes et continue de mettre la vie des gens en danger.
Il y a quelques semaines, deux jeunes Afghans qui tentaient de rejoindre la France sont tombés dans le torrent de Sommeiller, non loin de Bardonecchia. Puis dans l’après-midi du 5 octobre, 16 personnes ont été bloquées dans la zone du Mont de la Plane (au-delà de Cesana), avant d’être transportées à l’hôpital de Briançon.
Il arrive de plus en plus souvent que des voyageureuses, ne connaissant pas le territoire et ne disposant pas des informations nécessaires, s’appuient sur des cartes en ligne pour rejoindre la France, souvent par des chemins dangereux, à travers des montagnes trop hautes et trop froides.
Paf, flics et gendarmes, et les États qui les envoient, défendent cette frontière et la rendent mortelle.
L’humanitaire et le tourisme collaborent à tout cela.
Organisons-nous pour nous opposer à la répression et au contrôle : faisons appel à la solidarité directe et aux actions spontanées de chacun, la réponse sera forte !
Nous lancerons bientôt une assemblée pour discuter et s’organiser ensemble, suivez les mises à jour du blog pour savoir quand et où.
Feu aux frontières !