25 octobre – Rassemblement devant le CRA de Via Corelli

25 octobre – Rassemblement devant le CRA de Via Corelli

9 octobre 2020 Non Par passamontagna

Posté le 02/10/2020 par hurriya

Milan – 25 octobre – Rassemblement devant le CRA de Via Corelli (Milan)

Une nouvelle prison pour les exclus, un vieux remède pour les inclus.
C’est incroyable, mais dans un moment comme celui que nous vivons, au milieu des peurs et de l’appauvrissement gĂ©nĂ©ralisĂ©, ceux qui gouvernent la ville ne trouvent rien de mieux que d’ouvrir une nouvelle prison.
Des gens qui, partant de pays oĂą l’angoisse du profit des prĂ©dateurs a volĂ© des terres et des ressources en offrant des guerres en Ă©change, quand ils parviennent Ă  se rendre dans ce pays, sans perdre la vie en mer ou aux frontières, que trouvent-ils ? Des barrières, des barrières jamais rĂ©servĂ©es Ă  ceux qui viennent du « bon » cĂ´tĂ© de la terre. Des barrières qui l’obligent Ă  des contrĂ´les physiques, psychologiques, bureaucratiques, coincĂ© comme du bĂ©tail, sĂ©lectionnĂ©, divisĂ© par ses affections, mis dans des structures au sein desquelles il devra tout demander, tout demander. Avec grâce et obĂ©issance, parce qu’il n’est pas dĂ©sirĂ©. Et puis le cercle infernal des papiers Ă  fournir pour obtenir l’autorisation de rester, pour obtenir le privilège de rester. Et la menace se trouve dans le refus des demandes, dans le vide total qui s’ouvrira devant lui s’il n’est pas acceptĂ© ici. Un refus devient, lui-mĂŞme, ĂŞtre repoussĂ© et, dans l’intervalle, enfermĂ© dans un CRA.

Centre de rapatriement, prison, lager car, comme pour ceux de mĂ©moire horrible, c’est la dĂ©tention administrative. EnfermĂ©, et non pas mĂŞme en tant que punition pour un crime commis ou prĂ©sumĂ©, mais parce que vous ĂŞtes sans document. Un document qui est clairement un prĂ©texte car, pour ceux qui ont Ă©tĂ© rendus illĂ©gaux, il est très difficile de l’obtenir. Dans ces murs, il restera pendant des mois, traitĂ© par ce refus qui est devenu ici, en attendant son rapatriement. Les conditions Ă  l’intĂ©rieur de ces centres sont maintenant largement connues. Ils sont entassĂ©s avec des Ă©trangers de lieux et de cultures diffĂ©rents, parfois incompatibles, avec des soins de santĂ© que dĂ©finir comme inadĂ©quats est un euphĂ©misme, bourrĂ©s de psychotropes pour maintenir l’ordre intĂ©rieur, nourris d’une nourriture insuffisante et abĂ®mĂ©e, sans assistance juridique. Des journĂ©es passĂ©es dans une totale passivitĂ©, attendant d’ĂŞtre chassĂ© de lĂ  oĂą l’on a fui par danger, par faim ou mĂŞme simplement par dĂ©sir. Des vies volĂ©es.

Et Ă  l’extĂ©rieur ? Qui voit et connaĂ®t ces nouveaux camps, quoi il pense? Est-il juste d’enfermer les immigrants ? Qu’ils sont la cause des difficultĂ©s Ă  trouver un emploi, Ă  payer le loyer, Ă  survivre dans ce système oĂą tout au plus on flotte la tĂŞte hors de la boue ?

Lorsque on regarde l’histoire du 20e siècle, on dit que ces horreurs, ces persĂ©cutions ne doivent plus jamais se reproduire. Mais les voici Ă  nouveau. Ceux d’aujourd’hui ne se ressemblent pas, on ne veut pas les reconnaĂ®tre. C’est plutĂ´t la mĂŞme histoire, celle dans laquelle on identifi un ennemi Ă  blâmer, gĂ©nĂ©ralement un ennemi plus misĂ©rable que nous qui est blâmĂ© pour nos misères quotidiennes. C’est un piège conçu, depuis des temps immĂ©moriaux, par ceux qui gouvernent le monde pour maintenir les misĂ©rables divisĂ©s entre eux, pour se maintenir au pouvoir en faisant massacrer leurs sujets parmi eux, qui n’ont jamais Ă  identifier le vĂ©ritable ennemi, n’ont jamais Ă  s’unir pour l’attaquer, enfin.

Le 25 octobre, nous serons lĂ , sous ces murs qui reviennent « accueillir » un centre de dĂ©tention pour les immigrĂ©s sans permis de sĂ©jour. Dire que cette abomination n’est pas admissible, que chacun devrait pouvoir se dĂ©placer librement, d’oĂą qu’il vienne, sans avoir Ă  se soumettre Ă  un tel traitement inhumain, que le racisme est une crĂ©ation de la propagande des puissants qui s’appuie sur de faibles instincts de rancune, mais qu’il ne sert qu’Ă  maintenir leur position de commandement. En bref, nous serons lĂ  pour voir s’il sera un jour possible de trouver la force, la dĂ©termination, la manière de lutter contre les horreurs d’aujourd’hui.

Punto di rottura (Point de rupture)